Nicolas Froissard-groupe sos
Publié le 19.05.2021

« L’inclusion ne devrait jamais se résumer à un paragraphe pour faire beau sur un rapport RSE ! » Nicolas Froissard, porte-parole du groupe SOS

Est-ce que la crise du Covid-19 va marquer un tournant en matière de responsabilité sociale des entreprises (RSE) ? Je pense qu’il est encore trop tôt pour le dire. En revanche, ce dont je suis certain c’est que les entreprises qui sont les plus engagées en matière de RSE seront celles qui s’en sortiront le mieux. Elles réussiront à fidéliser leurs clients, mais aussi leurs salariés en les associant à cette démarche. A la crise sanitaire s’ajoute en effet une crise de sens qui bouleverse notre façon d’envisager le travail.

La RSE est donc plus que jamais un élément fondamental de la vie des entreprises. A condition de la mettre en place avec sincérité et profondeur. Elle a une dimension environnementale, mais aussi humaine.

L’inclusion devrait ainsi être un enjeu prioritaire tant la diversité est source de performance. Mais attention, elle ne devrait jamais se résumer à un paragraphe pour faire beau sur un rapport RSE !

C’est un sujet qui doit être impulsé par la direction, et décliner à tous les échelons avec des critères d’évaluation pour éviter que les déclarations restent lettres mortes. On a tendance à oublier, par exemple, que la RSE passe aussi par le choix des fournisseurs.

Au sein du Groupe SOS, nous réalisons actuellement un travail important pour accroître le nombre et la diversité des prestations réalisées par des fournisseurs du secteur du handicap (ESAT) et les accompagner, quand cela est nécessaire, vers une évolution qui corresponde davantage aux besoins et exigences du marché.

Afin de mener une vraie politique volontariste en matière d’emploi de personnes handicapées, il est également indispensable de réaliser un travail de sensibilisation et de formation pour changer les représentations sur le handicap, ou plutôt les handicaps.

Tous les DRH devraient sortir de leurs bureaux et rencontrer des personnes en situation de handicap (visible ou invisible) sur le terrain pour se rendre compte qu’elles sont capables de réaliser un travail de qualité et mieux comprendre leur quotidien.

Il est nécessaire de décloisonner ces mondes qui ne se parlent pas assez, et qui ont pourtant des tas de choses à s’apprendre mutuellement.

Au travail, comme à l’école, les différences sont sources de richesse, à condition de vraiment essayer de se connaître et de se comprendre. Déconstruire les stéréotypes prend du temps et demande parfois de revoir les processus de recrutement, les manières de travailler ensemble ou encore les façons de communiquer sur le handicap. Combien de salariés n’osent pas faire la demande de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé ? Alors même que ce statut les protègerait.

Peu de temps après l’annonce du premier confinement, j’ai lancé avec des amis le hashtag #DenonceTesHeros sur les réseaux sociaux.

En matière de handicap, j’ai de nombreux exemples en tête, connus ou anonymes, qui œuvrent pour changer la donne et les regards : je pense à Philippe Croizon, qui, après avoir traversé la Manche et relié les cinq continents à la nage se prépare à une nouvelle aventure dans l’espace, à Damien Seguin, né sans main gauche, qui est le premier marin en situation de handicap à boucler un tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance, à Elodie d’Andréa, ancienne salariée du Groupe SOS, qui a fondé « Les bobos à la ferme », des gîtes adaptés aux personnes à mobilité réduite pour permettre aux parents d’enfants lourdement handicapés de souffler, à Raul Krauthausen, atteint d’ostéogenèse imparfaite (« maladie des os de verre »), qui a lancé une ONG dont le but est de rendre l’Allemagne et le reste du monde plus accessibles aux personnes en situation de handicap…

Comme eux, ils sont nombreux à se battre pour que la voix et la situation des personnes en situation de handicap, mais aussi des aidants, soient davantage prises en compte dans notre société.

Que vous soyez DRH, managers, entrepreneurs ou salariés, partez à la rencontre de ces héros du quotidien. Nul besoin pour cela d’aller très loin : il y en a à coup sûr dans votre quartier, dans votre ville, voire dans votre entreprise…

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