Isometric concept of office staff training, coaching, professional development. Concept for web design
Publié le 16.05.2022

Santé des salariés : et si tout commençait par repenser les espaces de travail ?

50 %[1] des salariés français estiment que l’espace de travail influence « très fortement » leur santé, 48 %1 leur bien-être. Leur bureau idéal ? Pour 45 %1 d’entre eux, un poste de travail dédié, dans un bureau individuel fermé. De quoi remettre en cause les tendances actuelles orientées, entre autres, vers des logiques de flex office.

Comment l’aménagement de l’espace de travail peut-il impacter la santé des collaborateurs ? Quelles sont les tendances émergentes ? Comment réduire le niveau de stress des équipes ?

Coup de projecteur sur quelques concepts très prometteurs.

Aménagement de l’espace de travail : privilégier les « open spaces intelligents »

C’est l’une des idées défendues par Alain d’Iribarne, économiste, sociologue du travail et Directeur de Recherche Honoraire au CNRS, spécialisé dans l’organisation du travail et la gestion des ressources humaines.

Parmi les vertus de « l’open-space intelligent » : la possibilité de choisir son lieu de travail en fonction de ses besoins fonctionnels, grâce à la création « d’espaces satellites ». Le collaborateur dispose, ainsi, d’un poste de travail dédié au sein d’un espace ouvert, faisant cohabiter des bulles de confidentialité dans lesquelles s’isoler seul ou à plusieurs, et des salles de réunion classiques, propices aux travaux de groupe.

Bureaux réglables en hauteur, cabines insonorisées permettant de se concentrer, sièges confortables invitant à des échanges informels ou espaces fonctionnels adaptés au travail à distance : les collaborateurs choisissent leur cadre de travail idéal tout au long de la journée. Une aubaine en matière de santé au travail puisque, comme le souligne Niels Kramer, Creative Director EMEA chez Tétris Design and Build :

« un bureau où l’on a l’impression de pouvoir être soi-même a des effets positifs sur le bien-être mental »

Le « bureau régénérant », source d’épanouissement et de bien-être retrouvés

42 % des salariés ne se sentent pas « énergisés » au travail aujourd’hui. Autrement dit, 4 salariés sur 10 ne considèrent pas leur entreprise comme un espace où il fait bon évoluer et travailler.

C’est ce que révèle  l’étude  JLL “Le bureau régénérant, pour des salariés épanouis et engagés durablement” menée auprès de 3 500 salariés dans le monde.

Pour Flore Pradère, Directrice recherche et prospective chez JLL, interrogée pour le site My Happy Job:

« Le bureau régénérant restaure le niveau d’énergie des salariés. L’idée est de créer un cercle vertueux pour éviter que les salariés ne finissent leurs journées de travail lessivés et épuisés. »


Commentant les résultats de l’étude JLL, elle ajoute :: « aujourd’hui, construire un bureau régénérant est le nouveau défi des employeurs et le chemin vers la résilience organisationnelle. C’est une opportunité incroyable de faire émerger une nouvelle culture du bien-être pour créer les conditions d’une performance durable.

Pour cela, le « bureau régénérant » s’appuie sur plusieurs éléments clé :

  • des espaces de travail confortables et collaboratifs permettant de recréer du lien entre salariés et de restaurer le sentiment d’appartenance à l’entreprise. Un facteur déterminant dans la préservation de la santé mentale comme le souligne le chercheur et professeur de psychologie sociale Gustave-Nicolas Fischer,

« l’intégration au sein d’un réseau social va permettre à l’individu de satisfaire ses besoins fondamentaux en termes de sécurité, d’affection et de contacts sociaux, contribuant ainsi à réduire le stress et l’anxiété ».


Reconnecter les salariés autour d’une vision commune dont le télétravail les a éloignés : tel est l’enjeu. Le « bureau totem » comme le nomme Flore Pradere, organisé autour d’espaces de travail semi-ouverts ou collaboratifs, et vitrine de la marque employeur, répond à cet objectif.

  • des salles de repos permettant aux salariés de faire des pauses régulières tout au long de leurs journées. Une demande clairement exprimée puisque 48 % des salariés (interrogés dans le cadre de l’étude JLL) souhaitent accéder à des espaces de relaxation au sein de l’entreprise. De quoi, par exemple, leur permettre de s’adonner à une séance de méditation en pleine conscience, pratique dont les vertus en termes de réduction du stress et des symptômes dépressifs ne sont plus à prouver. 
  • des espaces silencieux. Parmi les illustres exemples d’aménagement respectant l’individualité des collaborateurs, citons Google et ses bureaux de Mountain View dans lesquels des cloisons gonflables actionnées par un robot permettent de recréer silence et intimité. Plus simplement, des panneaux acoustiques muraux ou mobiles permettent, également, de respecter le confort phonique de tous.
  • des lieux de rencontre propices aux échanges informels, afin de préserver la cohésion des équipes, de développer l’apprentissage et la sérendipité. 

Les enjeux : encourager les échanges via des bureaux transformés en « hubs sociaux », favorisant la mutualisation des expertises, et donnant la main aux collaborateurs sur la gestion de leur organisation. Comment ? En leur suggérant que des temps de pause, seuls ou à plusieurs, sont non seulement autorisés, mais aussi facilités grâce à un aménagement de l’espace de travail intelligent, convivial et adapté. 

Comme le résume parfaitement Alexandre Cadain, cofondateur de la société Worklib, accompagnant les organisations dans le déploiement des nouveaux espaces de travail : « cette aspiration profonde à une plus grande agilité dans les espaces de travail est une chance (…) surtout pour les employés, pour leur permettre de redonner un sens au lieu de travail, de retrouver une forme de bien-être, un épanouissement qui va tout simplement correspondre à la possibilité de pouvoir travailler au bon moment, avec les bonnes personnes, au bon endroit ».

Aménagement de l’espace de travail : un espace sain et lumineux, pour une santé préservée et une performance améliorée

Parmi les dispositifs possibles, citons : 

  • Le « green office » faisant la part belle aux éléments naturels aussi basiques que les plantes vertes ou les matériaux en bois dans l’aménagement de l’espace de travail.
    L’impact sur la santé mentale n’est pas négligeable : les collaborateurs évoluant dans ce type d’environnement observent une amélioration de 15 % de leur sentiment de bien-être. Ils sont également 15 % plus créatifs et 6 % plus productifs. La satisfaction quant au travail réalisé augmente, quant à elle de 40 % en présence d’éléments naturels;
  • L’aménagement de bureaux permettant à la lumière d’inonder l’espace de travail, ou compensant le manque de luminosité naturelle (via, par exemple, un éclairage circadien reproduisant les cycles naturels du jour). Rappelons que la lumière améliore l’humeur, évite la fatigue visuelle, préserve la qualité du sommeil et favorise la concentration.
  • La préservation de la qualité de l’air. La température et l’humidité sont les deux paramètres pouvant provoquer le développement de bio-contaminants, responsables potentiels de cancers, irritations, infections, allergies ou asthme. Parmi les dispositifs permettant de la préserver : les capteurs mesurant régulièrement la qualité de l’air intérieur ou encore le mobilier faiblement émetteur de COV (Composés Organiques Volatils) toxiques tels que le formaldéhyde, gaz polluant des espaces clos, particulièrement nocif pour la santé.
  • Faute de dispositif adapté, le bon sens incitant les équipes à aérer régulièrement les locaux est un réflexe économique, hygiénique et écologique, à adopter sans tarder…


[1] Source : Baromètre sur les modes de vie des Français au travail ACTINEO 2019

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