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Publié le 23.11.2021

Quels nouveaux leviers de recrutement et de fidélisation des salariés après la crise sanitaire ?

La crise sanitaire a profondément changé les attentes des collaborateurs des TPE et PME. Accord sur le télétravail, nouvelle organisation du temps de travail, complémentaire santé adaptée… la mise en place de ces nouveaux outils est devenue un argument fort de recrutement et de fidélisation des salariés y compris dans le secteur de l’industrie comme l’explique Elisabeth Rousseau, directrice des ressources humaines chez LISI MEDICAL.

Suite à la crise de la Covid, à quelles nouvelles demandes des salariés avez-vous été confrontée ?

Comme dans beaucoup d’entreprises, nous avons des demandes de travail à distance ou d’une organisation hybride mêlant présentiel et distanciel de la part des cadres et du middle management. C’est une demande nouvelle qui ne faisait pas partie de l’écosystème de l’industrie.

Ce dispositif n’est pas applicable au personnel de production, dont le travail se fait essentiellement sur site. En revanche, des demandes de réaménagement du temps de travail ont été exprimées. Dans l’industrie, nous fonctionnons souvent en 2/8, voir en 3/8, et certains collaborateurs demandent désormais à ne travailler qu’en journée. Ce souhait, nous le constatons en phase de recrutement mais aussi auprès de nos salariés.

« Ayant de grosses contraintes de production, notre problématique est de trouver comment aménager le temps de travail du collaborateur pour répondre à ses demandes d’équilibre vie professionnelle / vie personnelle tout en maintenant notre productivité. »

Avant, ce type de demande se soldait par un « non » assez catégorique car c’était impossible à appliquer dans le secteur industriel. Mais la crise a prouvé qu’on pouvait le faire et a donc, à ce titre, ouvert le champ des possibles.

La mise en place du télétravail et la réorganisation du temps de travail profitent-elles réellement à la stratégie marque employeur ?

Indéniablement ! Surtout quand le collaborateur a fait son choix dans un processus de recrutement. Quand on sait considérer les situations personnelles, sans fermer la porte de manière directe, c’est un atout sérieux pour un salarié. Lors des recrutements, on explique que nous demandons un an d’ancienneté pour se laisser le temps de créer du collectif avant de pouvoir mettre en place du télétravail et les gens comprennent. Cela rassure !

Quelles autres stratégies avez-vous mis en place à LISI MEDICAL pour attirer de nouvelles recrues et renforcer la fidélisation des salariés ?

La crise a créé de la fatigue. Là où les gens acceptaient des situations, ils sont aujourd’hui moins enclins à faire des efforts ou des concessions. On constate que certaines personnes sont même prêtes à changer de travail pour obtenir de meilleures conditions de travail et avoir une qualité de vie sur laquelle ils ne veulent plus vraiment transiger.

Ces derniers mois, nous avons donc vraiment mis l’accent sur notre politique QVT. Nous avons notamment refondu un processus d’enquête QVT auprès de nos collaborateurs.

« Nous avons également élargi le dialogue social en impliquant davantage les collaborateurs. Il était primordial de les associer aux réflexions actuelles afin d’obtenir un consensus plus grand face à des réponses qui ne peuvent pas toujours être parfaites et à des solutions parfois complexes. »

En parallèle, nous avons accentué les moments de convivialité. Cela contribue au fait de rendre le présentiel à nouveau attractif. Nous sommes dans une phase paradoxale : nous devons accepter le télétravail tout en repensant les conditions de travail sur site pour que les gens aient envie de venir au travail.

Enfin, chez LISI MEDICAL, les collaborateurs savent que leur travail impacte positivement la société mais il est parfois utile de le rappeler pour les remobiliser, surtout suite à la crise.

Pourquoi est-il important pour une PME de parvenir à fidéliser ses salariés ?

Nous avons des processus complexes, on ne peut pas se permettre d’avoir un fort turnover. Cela créerait beaucoup de pertes de connaissances mais aussi de la désorganisation, une fatigue accrue et du stress car les équipes qui restent se trouvent potentiellement en difficultés en cherchant à pallier les absences de ceux qui partent. C’est un cercle vicieux.

47% des entreprises estiment que la complémentaire santé est un levier d’attractivité et de rémunération indirecte important pour recruter et fidéliser ses salariés. Cela se vérifie-t-il à LISI MEDICAL ?

Je crois beaucoup à ces packages complémentaires santé/complémentaire retraite qui viennent autour du salaire. En France, nos collaborateurs sont déjà bien équipés. Ils bénéficient d’un contrat offrant une bonne qualité de soins et de remboursements.

En revanche, il y a des prestations qui étaient déjà proposées par notre complémentaire santé mais qui n’étaient pas vraiment mises en avant. C’était le cas de l’assistance psychologique, de l’accompagnement pour l’arrêt du tabac ou encore des séances d’ostéopathie. Aujourd’hui, ce sont des leviers que nous souhaitons travailler car nous constatons une vraie demande. Nous avons, par exemple, décidé de faire venir un ostéopathe une fois par semaine, ce qui était perçu comme un luxe il n’y a encore pas longtemps, surtout dans le secteur de l’industrie. Aujourd’hui, cela est devenu possible.

Comment allez-vous pérenniser les outils mis en place pendant la Covid ?

Sur le télétravail, il y a des accords qui sont des engagements sur la durée. On est également en train de mettre en place des commissions qui rassemblent employeurs et salariés, ce qui permet de remettre les discussions au centre si jamais elles sont mises de côté.

Quels conseils donneriez-vous aux RH pour continuer de développer l’attractivité de leur entreprise ?

Le lien social est primordial et l’on doit être au contact du terrain pour capter les demandes. Il faut donc s’entourer d’acteurs et de personnalités variées au sein de l’entreprise et offrir l’opportunité aux collaborateurs de s’exprimer sur les améliorations qu’ils aimeraient voir être mises en place. Le partage et l’échange autour des difficultés que peuvent rencontrer les salariés ont beaucoup de vertus dans la mise en œuvre d’une stratégie d’amélioration continue.

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