Office people practicing yoga and meditation
Publié le 01.03.2022

Pour PwC France et Maghreb, la performance des entreprises dépend d’une organisation du travail qui place la santé au centre.

Auteur

Valérie Vezinhet a rejoint PwC en Septembre 2017 en qualité de Directrice des Ressources Humaines. Avec 20 ans d'expérience dans les secteurs du conseil et des nouvelles technologies, elle accompagne les organisations dans leurs enjeux stratégiques, à la fois dans un contexte de transformation et dans un environnement culturel international.

Le « care » (prendre soin) va de pair avec le « healthy » (être sain). Yoga, corbeilles de fruits et autres babyfoot n’ont jamais permis, à eux seuls, de retenir les salariés ou de prendre soin de leur santé. A l’inverse, une organisation saine caractérisée par une performance globale et pérenne, n’a jamais été aussi nécessaire. Encore faut-il en connaître les piliers, savoir comment, concrètement, la mettre en place et en affirmer explicitement la raison d’être.  

Tribune de Valérie Vezinhet, DRH de PwC France et Maghreb, cabinet de conseil, d’audit et d’expertise juridique et fiscale.

Santé au travail : les 5 piliers fondateurs d’une organisation saine

L’enjeu est fondamental puisqu’il s’agit de prévenir… pour ne pas avoir à guérir. Pour cela, je pense que l’organisation saine doit s’appuyer sur 5 éléments clé.  

1/ Former les managers à la détection des signaux faibles de détresse psychologique. L’enjeu est accru aujourd’hui. Il faut, également, leur donner des clés à appliquer au travail à distance, moins généreux en signaux d’alerte qu’une présence physique.

2/ Libérer la parole des salariés, en leur apprenant à exprimer leur mal-être, sans peur de paraître faibles, mais aussi en les autorisant à être vraiment eux-mêmes. Plus généralement, l’enjeu est de les pousser à adopter une culture inclusive. Devoir cacher qui vous êtes par peur d’être jugé est facteur de maladies et impacte, in fine, les performances de l’entreprise. J‘en suis profondément convaincue.

L’objectif est de désacraliser ces aspects, de les évoquer sans pathos, afin d’en faire des non-sujets et de montrer des modèles de réussite variés. Lorsqu’un leader témoigne, il endosse un rôle de modèle qui trouve un écho puissant et immédiat chez les collaborateurs. A l’objection qui consiste à dire que ces considérations sont d’ordre privé, j’ai coutume de répondre que c’est exact, jusqu’au jour où ce mal-être impacte profondément la santé des collaborateurs et, in fine, la performance de l’entreprise.

3/ Former les salariés au monde professionnel de demain. Une organisation saine va anticiper ces changements structurels :

  • en identifiant les postes qui apparaissent et ceux qui doivent évoluer ;
  • en observant comment adapter les compétences des salariés positionnés sur des postes à risque.

Préserver l’employabilité des équipes est une façon de répondre à leur besoin de sécurité psychologique, fondamental au maintien de leur santé mentale. Assurer aux collaborateurs qu’ils vont pouvoir adapter leurs compétences est, également, une façon de donner du sens à ce qu’ils font. Sens primordial, lui aussi, à une santé préservée et à une performance accrue de l’entreprise.

4/ Faire preuve de reconnaissance en multipliant les feedbacks positifs, que je trouve encore trop rares en France, et qui pourtant sont essentiels à l’amélioration de la performance sociale et économique. Un « bravo » ou un « merci » suite à une action réussie accroît la probabilité que le collaborateur reproduise une performance identique car il se sentira engagé et rassuré.

5/ Entretenir une culture du leadership. Ce dernier élément est absolument essentiel à mes yeux. Un leadership basé sur la confiance et la transparence, qui a le courage d’évaluer les collaborateurs avec justesse, constitue le socle d’une organisation saine. « Voilà à quoi sert ton job et quelles sont mes attentes à ton égard » sont des formules managériales aidantes, permettant aux salariés d’avancer dans un climat serein, propice à une santé mentale préservée. 

Faire le lien entre santé au travail, performance et durabilité de l’entreprise

« Les actions concrètes préservant la santé mentale et physique des équipes que les entreprises françaises mettent aujourd’hui en place vont bien au-delà des actions auparavant visibles mais plus gadget qu’effectives. »

Pour que ce lien se pérennise et se généralise, il faut maintenant établir le lien entre santé au travail, performance et pérennité des organisations. Autrement dit, affirmer explicitement pour quelles raisons les dispositifs propres à une organisation saine sont mis en place : par bienveillance envers les salariés évidemment, mais aussi pour permettre à l’entreprise de performer plus, et plus longtemps.

L’affirmer crédibilise la démarche et lui donne plus d’écho dans l’entreprise. En comprenant qu’il ne s’agit pas seulement d’un sujet RH, les leaders business s’impliquent davantage ce qui, in fine, concourt à plus de performance sociale, sociétale et commerciale.

Chez PwC, formation et sport au service de la santé mentale et physique des salariés

Depuis plus de trois ans, nous avons mis en place des écosystèmes internes et externes au service de la santé au travail de nos collaborateurs.

En interne :

  • le management est formé à la détection des signaux faibles ;
  • un service de santé (infirmières, assistantes sociales etc.) est à la disposition des collaborateurs ;
  • des « préventeurs » orientent les salariés en difficulté vers des dispositifs adaptés. Différents du personnel soignant, ces salariés volontaires ont demandé à être formés, de façon approfondie, à la détection des signaux d’alerte. Répartis dans l’ensemble de nos activités, ils sont facilement identifiables.

En externe, nous avons constitué une équipe de psychologues. L’un d’entre eux intervient régulièrement en conférence auprès de l’ensemble de nos collaborateurs France et Maghreb. Au début de la crise sanitaire, il est venu leur dire : « Vous ne vous sentez pas bien en confinement ? C’est normal ! » et leur a expliqué les mécanismes psychologiques de ce mal-être généralisé. Aujourd’hui, il intervient sur des sujets post-crise pour aider les collaborateurs à se projeter de nouveau.

Cette démarche démontre la normalité d’un mal-être passager, elle pousse les salariés à parler. Parce que le dispositif est incarné par l’un de ses acteurs, il rencontre un véritable écho auprès des équipes.

Enfin, pour préserver la santé physique des collaborateurs, nous avons mis en place un dispositif facilitant la pratique du sport. Amenés à se déplacer régulièrement, nos salariés peuvent accéder, via une application mobile, à différentes installations sportives partout en France. L’enjeu est de leur en faciliter l’accès et de leur expliquer le lien entre santé physique et activité sportive.

Nous organisons également des challenges sportifs. Une application fédère les participants autour de l’événement. À chaque nouvelle compétition, nous constatons des pics d’activités. Certains nous disent même avoir commencé le sport à cette occasion. Partenaire de Paris 2024, nous allons évidemment nous appuyer sur cette opportunité unique pour multiplier les dispositifs de ce type avec, toujours, un triple objectif en tête : préserver la santé au travail des équipes, optimiser les performances de l’entreprise et consolider sa durabilité.

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