live linkedin santé des dirigeants
Publié le 06.05.2021

Live LinkedIn Malakoff Humanis sur la santé des dirigeants : 7 points à retenir

Le 28 avril 2021, à l’occasion de la journée mondiale de la santé et de la sécurité au travail, nous avons organisé un nouveau LinkedIn Live animé par le journaliste David Abiker.

« Quand on parle de la santé au travail, on ne parle généralement que de la santé des salariés, a-t-il rappelé en introduction. Or, quand le dirigeant va mal, il y a forcément des conséquences pour l’entreprise, sa performance et ses collaborateurs. »

L’objectif : partager des expériences et faire émerger des solutions concrètes. A l’occasion de cet événement interactif, nous avons dévoilé les résultats de notre dernier baromètre sur la santé des dirigeants et donné la parole à des managers de TPE et PME, ainsi qu’à des experts. En voici une synthèse en 7 idées clés.

Des dirigeants face au syndrome de Prométhée

« Les dirigeants des TPE-PME interrogés pour notre baromètre se déclarent en bonne santé, souligne Anne-Sophie Godon, directrice des services de Malakoff Humanis. Mais plusieurs éléments mis en avant dans l’étude sont des signaux d’alerte, comme la hausse du tabagisme et de la consommation d’alcool. Ils ne prennent pas de temps pour préserver leur santé, ils sont ainsi moins nombreux que les salariés à avoir vu un médecin généraliste en 2020. Ils ne s’autorisent pas non plus à prendre des arrêts maladie. »

Comme l’explique Stéphanie Carpentier, experte en prévention de la santé au travail, le mythe du surhomme et de la surfemme est encore très présent !

Pour Julien Leclercq, directeur général de l’agence Com’presse : « La santé est encore tabou pour les dirigeants, c’est une population qui n’aime pas dire qu’elle ne va pas bien. »

2° Un lien direct entre la santé économique de l’entreprise et la santé du dirigeant

« Notre baromètre montre que quand l’entreprise est touchée par la crise économique, les dirigeants sont plus stressés et plus fatigués, précise Anne-Sophie Godon. Ils prennent du poids, n’arrivent plus à s’arrêter de travailler, à poser des limites entre leur vie pro et perso. C’est particulièrement vrai dans l’industrie. »

3° Le poids des responsabilités et le sens du devoir


« Il y a 8 ans, atteinte d’un cancer du sein agressif de stade 3, j’ai failli perdre la même année ma vie et mon entreprise, raconte Isabelle Guyomarch, présidente du Groupe CCI Productions et auteure du livre Combattante (Cherche Midi). Aux douleurs physiques se sont ajoutées les douleurs morales pour me préparer et préparer mon entreprise à mon départ. Je luttais pour vivre tout en organisant mon départ. A l’époque, je ne me suis pas arrêtée de travailler, c’était un instinct de survie et mon devoir en tant que patronne d’industrie. Tous les salariés ont fait corps.

Quand un dirigeant est malade, c’est toute l’entreprise qui tremble, ses salariés collaborateurs mais aussi son environnement (fournisseurs, clients, etc.). Toute l’organisation est fragilisée. 

Julien Garnier, directeur général délégué de Cardonnel Ingénierie, confirme : « Au moment de mon burn-out, je me suis senti en situation d’échec, j’avais le sentiment de lâcher mon équipe. »

4° Oser montrer ses faiblesses

« En tant que dirigeant, il faut montrer ses faiblesses, sinon l’équipe ne se l’autorisera pas non plus, témoigne Julien Garnier. Un collaborateur peut avoir un coup de mou, et moi aussi ! ». Pour Isabelle Guyomarch, c’est un devoir : « La transparence et l’exemplarité sont fondamentales. Un bon patron n’est pas un super héros, c’est un être humain authentique. Il ne faut pas se cacher. Montrer ses faiblesses rassure aussi les salariés. » « Etre pleinement soi, c’est ce qu’apprend la maladie, analyse Stéphanie Carpentier, fondatrice de DR.RH&CO.

On ne peut être résilient que si on accepte qui on est, avec ses fragilités. Et ce n’est qu’ensuite qu’on peut mettre en place la résilience au niveau de l’entreprise. 

5° Des parcours de résilience inspirants

« Ce cancer a été une leçon de vie : la résilience dont j’ai fait preuve à titre personnel pour me battre et survivre, je l’ai inscrite dans l’ADN de mon entreprise, explique Isabelle Guyomarch. Nous sommes aujourd’hui organisés et structurés pour faire face en cas de crise. De tout cela, on a gardé une force, un climat bienveillant, un corps social soudé, porté par la résilience dont l’entreprise sait désormais faire preuve en incluant les fragilités. Nous gérons aujourd’hui la maladie autrement pour favoriser, quand cela est possible, le maintien dans l’emploi et la réinsertion professionnelle. Nous voulons faire de ces épreuves de vie une richesse. » Là encore, Julien Garnier confirme : « J’ai appris depuis mon burn-out à ce que le fonctionnement de mon entreprise et sa performance ne reposent pas que sur moi. »

6° Des pistes pour anticiper

« Le mieux est de prévoir quand tout va bien ce qui peut se passer demain si on a un pépin de santé, insiste Julien Leclercq, vice-président du Centre des Jeunes Dirigeants d’entreprise. Cela demande une culture d’entreprise forte. On est mieux armés face à une épreuve quand on a déjà travaillé sur la bonne organisation, la délégation, etc. » Autres solutions évoquées : avoir un(e) responsable RH externalisé et partagé pour soulager le dirigeant, réaliser des check-up santé régulièrement, avoir une assistance juridique…

7° Accepter de se faire aider, un vrai super pouvoir !

Lignes d’écoute psychologique, accompagnement par des coachs, échanges avec ses pairs, participation à des réseaux professionnels…

« Se faire aider permet de reprendre la maîtrise de son destin, estime Stéphanie Carpentier. C’est faire preuve d’optimisme et d’endurance.  Demander de l’aide est une force de caractère, et certainement pas un aveu de faiblesse ! L’authenticité, l’humilité de prendre des conseils, l’exemplarité et le courage que cela demande font partie des nouvelles valeurs du leadership. »

Pour sa part, Julien Garnier a été accompagné deux ans par une psychologue après son burn-out : « Elle m’a montré un miroir de moi-même et m’a aidé à trouver un équilibre, à mieux me connaître. Je me suis aussi formé la délégation de pouvoir. »

Briser la solitude du dirigeant est essentiel. « Cela demande souvent d’aller au-delà du premier cercle des proches, conseille enfin Julien Leclercq. Nous avons tous besoin de nous inspirer, de s’informer des dispositifs existants, de nous former. Sortez de chez vous et de votre bureau, ce n’est pas une perte de temps ! »

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