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Publié le 22.02.2022

Le travail post pandémie: l’hybridation comme nouveau modèle?

La crise sanitaire a rendu le télétravail incontournable. C’est ce que dévoilent les résultats de notre baromètre Télétravail et Organisations hybrides. En décembre 2021, 38% des salariés dans les entreprises d’au moins 10 salariés télétravaillaient et 50% d’entre eux le font de manière officielle et contractualisée (contre 1/3 avant la crise). Cette banalisation de la pratique du télétravail implique une organisation de l’hybridation du travail que les entreprises doivent mettre en place. Comment passer du télétravail au travail hybride ? A quoi ressemblera l’entreprise de demain ? Quels sont les impacts de ces nouvelles organisations sur la santé des salariés ? Autant de questions que notre baromètre soulève.

Un télétravail qui se normalise

Depuis le début de la crise sanitaire, le télétravail s’est imposé pour de nombreux salariés. Fin 2021, 38% des salariés du secteur privé pratiquaient le télétravail[1] (vs 34% fin 2020,41% en mai 2020, et 30% fin 2019). 50% d’entre eux télétravaillent de manière contractualisée (40% dans les entreprises de moins de 50 salariés). Le télétravail est pratiqué en moyenne près de deux jours par semaine (vs 3,6 jours en 2020 et 1,6 en 2019) et redevient un choix pour 68% des salariés (vs 59% durant la crise).

Durant la crise sanitaire, le télétravail s’est progressivement organisé tant du côté des salariés que des entreprises. Ainsi, fin 2021, 61% des télétravailleurs disposent d’un aménagement spécifique à leur domicile : une pièce dédiée pour près d’un tiers d’entre eux (+7 pts vs 2020), un fauteuil de bureau adapté (45%, +9 pts vs 2020), un casque audio/micro (62%, +8 pts vs 2020). 18% des salariés reçoivent des indemnités liées au télétravail, et 23% des dirigeants proposent des titres-restaurants pour les jours de télétravail.

Globalement, les télétravailleurs estiment être dans de bonnes conditions de travail (86%).

Par ailleurs, 48% (63% pour les moins de 35 ans) envisagent un télétravail longue distance, depuis un lieu éloigné de leur site en France ou à l’étranger.

Alors qu’un retour à la normale se profile, près de la moitié des salariés déclare souhaiter travailler en mode hybride. C’est en premier lieu la flexibilité qu’apporte ce nouveau mode de travail qui les séduit (86%). Viennent ensuite une diminution de la fatigue physique (85%), une amélioration du bien-être et de la santé (82%) et une plus grande efficacité dans le travail (80%).

De leur côté, 63% des dirigeants pensent que cette nouvelle forme de travail va continuer à se développer, et 84% souhaitent la déployer au sein de leur entreprise. Selon eux, cette organisation permet d’abord de répondre à une demande sociale (81%), puis d’améliorer la productivité des salariés (69%) et de renouveler les pratiques managériales (67%). Viennent ensuite l’attraction et la fidélisation des talents (64%), et la diminution de l’absentéisme au sein de leur entreprise (60%).

L’installation durable du télétravail impose de repenser l’organisation du travail et les modes de fonctionnement de l’entreprise pour optimiser les bénéfices et limiter les impacts négatifs du travail à distance (perte du lien collectif, difficulté à faire vivre la culture de l’entreprise, nécessité d’une capacité d’adaptation permanente …).

L’entreprise hybride : oui, mais à quelles conditions ?

Si le travail hybride semble largement plébiscité (82% des salariés éligibles souhaitent adopter ce mode de travail, et 63% des dirigeants pensent qu’il va continuer à se développer), 56% des salariés et 80% des dirigeants estiment cependant que l’organisation actuelle des entreprises est insuffisamment adaptée à cette forme de travail.

Salariés et dirigeants s’accordent sur les principaux prérequis pour un mode hybride réussi : une qualité de réseau et de sécurité informatiques (respectivement 89% et 96%), une certaine souplesse par rapport aux règles collectives (87% et 83%) et une évolution des pratiques managériales (85% et 75%).

Pour être plus performants lorsqu’ils sont sur site, les salariés souhaitent disposer d’un bureau individuel ou d’espaces isolés permettant de se concentrer ou de passer des appels téléphoniques (37%), tout en disposant également d’espaces de convivialité ou de lieux de rencontre pour des échanges informels (33%).

Ils souhaitent également que les modes de travail au sein de leur entreprise évoluent vers un management davantage axé sur la confiance, l’encouragement, la prise d’initiatives, le droit à l’erreur… (pour 67% d’entre eux). Ils souhaitent par ailleurs plus de souplesse et de flexibilité en termes de gestion du temps de travail (64%).

De leur côté, les dirigeants se disent prêts à réorganiser les espaces de travail (80%) et à accorder une souplesse de rythme entre travail sur site et télétravail (72%). Leurs priorités pour une hybridation du travail réussie résident dans la communication auprès des salariés (49%), la mesure de la productivité (40%), la prévention des risques professionnels (34%), l’accès aux outils numériques mobiles (33%).

Pourquoi les managers sont-ils toujours aussi réticents ?

Alors que l’engouement des salariés et des dirigeants pour le télétravail n’a cessé de croître, les managers restent divisés sur le sujet. 54% d’entre eux y étaient favorables en 2019. Fin 2021, ils ne sont plus que 48%.

43% des managers estiment que le travail à distance a complexifié leur posture de manager. Les principales difficultés rencontrées concernent la diminution des échanges informels (pour 37% d’entre eux), le maintien de la cohésion d’équipe (36%), et la gestion de la fragilité des collaborateurs (34%).

Ils reconnaissent néanmoins que ce mode de travail contribue à une plus grande autonomie des collaborateurs (30%), à une baisse de l’absentéisme (23%), et à une plus grande satisfaction des salariés (23%).

Seuls 36% des managers ont revu leurs pratiques managériales. Ils ont optimisé l’organisation de la semaine de travail avec un partage des tâches entre site et domicile (pour 25% d’entre eux). Ils acceptent une certaine souplesse dans les horaires (24%) et réduisent la durée des réunions (22%).

Selon les managers, la bonne gestion d’une équipe en mode hybride suppose de :

  • Maintenir le lien collectif pour éviter l’isolement et garder l’esprit d’équipe (45%) ;
  • Gérer l’équilibre entre temps de travail collectifs et individuels (31%) ;
  • Effectuer des points individuels réguliers avec les membres de l’équipe (34%) ;
  • Veiller à la charge de travail des salariés (29%).

La moitié des managers pensent que le travail hybride va se développer et que les espaces de travail vont devenir de plus en plus flexibles.

Mais pour le moment, l’hybridation du travail est en phase expérimentale et les entreprises doivent faire preuve d’agilité pour s’adapter de façon permanente aux nouveaux enjeux de management et de santé au travail qui deviennent plus individuels que collectifs.

Source : Baromètre Télétravail et Organisations hybrides 2022 de Malakoff Humanis : étude de perception menée auprès de 1602 salariés (recueil par internet) et 451 dirigeants (recueil par téléphone) d’entreprises du secteur privé (d’au moins 1 salarié) du 1e au 31 décembre 2021.

[1] 29,5% dans les entreprises de moins de 50 salariés, 38,3% dans les entreprises de 50 à 499 salariés, et 50,1% dans les entreprises de 500 salariés et plus

5 émissions pour comprendre l’entreprise hybride et ses enjeux sur la santé des salariés

Pour poursuivre la réflexion sur le sujet, nous lançons une série de 5 émissions animées par David Abiker et Fabienne Jaworski (médecin du travail chez Thales). Au programme : des interventions de différents témoins du monde de l’entreprise (DRH, DG et experts) autour de thématiques liées à la santé des salariés en télétravail.

La première émission intitulée : « Le futur du travail, progrès ou régression pour la santé des salariés ? » sera diffusée sur la page LinkedIn de Malakoff Humanis le 25 février de 13h à 13h30.

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