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Publié le 10.11.2021

Le rôle du référent handicap en entreprise pour une inclusion performante

Alexandra Guilleron est chargée de développement Ressources Humaines au sein du groupe Pénélope, acteur majeur des métiers de l’Accueil visiteurs et téléphonique, de l’événementiel et de l’animation commerciale. Son action se concentre plus particulièrement sur deux entités, « Top Selling » et « Télémaque ». Elle y endosse également le rôle de « Référente Handicap » de l’entreprise.

En quoi consiste exactement votre mission de « Référente handicap » ?

J’aide les employés en situation de handicap à mieux vivre leur travail au quotidien. Je les conseille pour constituer leur dossier de Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH). Une fois cette reconnaissance obtenue, je les suis, via des entretiens réguliers, pour voir avec eux comment améliorer l’ergonomie de leur poste de travail, leurs horaires, leurs besoins par rapport à leur pathologie et à son évolution, etc.

Cette approche proactive crée une vraie relation de confiance. Ils peuvent me solliciter à n’importe quel moment de leur carrière pour connaître leurs droits et partager leurs besoins.

Souffrant moi-même d’un handicap invisible, une spondylarthrite ankylosante, je connais très bien cette problématique. À mon arrivée, j’ai parlé de mon handicap dans une vidéo publiée sur notre réseau interne pour libérer la parole et désacraliser le sujet.

Quelles actions avez-vous mises en place pour favoriser l’acceptation du handicap au travail ?

Nous avons renforcé notre communication sur le handicap vis-à-vis des salariés, des managers et des nouveaux entrants. Nous avons notamment élaboré un livret pour expliquer les démarches nécessaires à la constitution du dossier RQTH et son intérêt. La Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées, qui se déroule en novembre, est un gros temps fort dans l’année.

L’an dernier, nous avons proposé un jeu de l’oie sur le thème du handicap, une exposition photos dans la salle de pause et sur notre réseau social interne, un quizz en ligne pour les commerciaux nomades… Nous avons aussi relayé des vidéos très pratiques de l’Agefiph. Nous avons également organisé récemment une visite d’un ergothérapeute sur site pour tous les salariés RQTH.

Qu’avez-vous constaté comme changements depuis la création de votre poste de référent handicap de l’entreprise ?

La création de mon poste s’inscrit pleinement dans la volonté de l’entreprise d’agir en faveur de l’inclusion et du bien-être des salaries porteurs de handicap. Les managers et les salariés parlent aujourd’hui beaucoup plus librement du handicap au travail.

Avant, ce sujet faisait peur et suscitait la crainte du regard de l’autre. Ils savent désormais que je suis là pour les aider et les accompagner. Nous avons aussi élargi nos actions en abordant le sujet dès le recrutement et en participant à des salons comme Hello Handicap. Le handicap ne doit pas être un frein au recrutement.

Quels conseils donneriez-vous aux DRH pour mettre en place une politique volontariste sur le handicap au travail ?

La clé est de s’informer sur le sujet. Beaucoup de pathologies sont éligibles au dossier RQTH, mais souvent personne ne le sait dans l’entreprise. Si vous prenez l’initiative de vous informer et de communiquer avec bienveillance, cela crée un cercle vertueux. Nommer un référent handicap dans l’entreprise permet ensuite de fluidifier les échanges. Car le premier enjeu pour les salariés atteints de handicap, c’est de l’accepter. Beaucoup ont encore peur du jugement des autres. 

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