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Publié le 19.10.2021

Fidéliser les salariés aidants, un atout pour l’entreprise

Seuls 21 % des proches aidants estiment aujourd’hui que leur entreprise agit pour les soutenir. Or ces salariés sont plus enclins au stress au travail et aux souffrances psychologiques. Pourtant, loin d’être une charge pour l’entreprise, ces salariés ont acquis en tant qu’aidants des compétences clé pour leur vie professionnelle. Le co-fondateur et dirigeant de PREV&CARE, Guillaume Staub, explique pourquoi et comment ces atouts pour l’entreprise doivent être mieux intégrés.

Mettre en place une politique sociale complète pour accompagner les aidants

Les entreprises doivent d’abord développer une politique qui prenne réellement en compte la situation des salariés aidants. En mettant par exemple en place un réseau d’alertes pour faciliter la remontée des situations ou comportements qui font penser qu’un salarié entre dans une vie d’aidant.

Une fois identifiés, pour proposer une aide concrète aux aidants et les accompagner dans leurs missions, les entreprises peuvent également investir dans des services de Care Management. Ces offres visent en effet libérer le salarié aidant de sa charge via une palette d’outils d’information et un accompagnement complet : recherche et coordination des prestataires, aide à la gestion financière du parcours de soins choisi… L’aidant n’a plus qu’à valider les options qui lui sont soumises, ce qui lui procure un réel gain de temps à la clé.

Former et communiquer pour rassurer les proches aidants

« Je conseille au DRH d’avoir une communication forte, constante et transparente sur l’engagement de l’entreprise, qui permette aux proches aidants de se sentir plus en confiance. »

L’enjeu, c’est de créer un environnement propice à la communication par l’aidant de ses problématiques. Une entreprise qui envoie de tels signaux positifs supprime la crainte chez l’aidant de se voir demain écarté du poste ou du projet qu’il visait. Avoir une réelle communication sur la question, ce n’est pas « je coche la case, ça rentre dans la politique RSE et ça fait bien ».

La formation de manager est également essentielle : au contact direct du salarié aidant, il doit être outillé pour prendre la pleine mesure de ce qu’est la réalité d’une vie de proche aidant. Être aidant est une charge dont on ne mesure la pénibilité qu’en l’ayant portée soi-même. C’est pourquoi la formation du manager s’impose.

Flexibilité au travail pour faciliter le quotidien des aidants : bénéfices et risques

Ne pas contraindre l’aidant à des heures fixes et s’appuyer aussi sur le télétravail, lorsque cela est pertinent, peut permettre à l’aidant d’articuler plus efficacement son organisation, par exemple, en faisant ses courses hors des périodes de rush. Mais attention : le télétravail ne doit pas transformer un soutien psychologique et organisationnel en un moyen pour l’aidant de cumuler, « grâce » au distanciel, ses deux casquettes de salarié et d’aidant. Sans compter que passer plus de temps auprès du proche aidé diminue d’autant les contacts sociaux, ce qui n’est pas idéal. L’aidant familial n’a pas vocation à se substituer à l’aidant professionnel.

Et pour les TPE/PME qui disposent de moins de moyens que les grandes entreprises, comment faire ?

Dans les TPE/PME, l’absence d’un collaborateur a souvent plus d’impact que dans un groupe du CAC 40, qui a par définition plus de ressources. La proximité entre les salariés fait qu’on repère plus vite une personne aidante en détresse. Ces structures s’inquiètent donc en général plus de l’accompagnement des aidants. Certaines ont d’ailleurs mis en place une vraie politique d’entreprise avec des services dédiés, une information sur les droits des aidants, avec parfois aussi des conférences et des ateliers destinés aux aidants pour faire de la prévention, informer et montrer que des solutions existent.

Top 5 des bonnes pratiques à mettre en place

  • Mettre en place une politique sociale qui reconnaisse et traite la problématique des aidants.
  • Créer de la flexibilité au travail.
  • Former les managers.
  • Investir dans des services de care management qui vont simplifier la vie des salariés aidants.
  • Privilégier une communication forte, constante et transparente.
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