Vanessa
Publié le 02.11.2021

Améliorer la santé au travail passe par un audit et des actions réactives et adaptées

Une des préoccupations majeures de Vanessa Delaere, DRH de l’Union des Distilleries de la Méditerranée (UDM) : veiller à la santé au travail des salariés dans sa globalité. Grâce à la mise en place d’audits internes et de dispositifs concrets, elle a pu améliorer les conditions de vie des 150 ouvriers répartis sur les six sites hexagonaux du groupement coopératif.
Zoom sur des leviers qui ont fait leur preuve, illustrant une stratégie RH placée sous le signe de l’écoute, de l’anticipation et de la bienveillance.

Chez UDM, vous avez choisi d’appréhender la santé des salariés de façon globale. Comment cela se manifeste-t-il concrètement ?

De plusieurs façons et avec une idée en tête : améliorer le quotidien et préserver la santé au travail de nos collaborateurs.

Dès mon arrivée, nous avons mené un audit réunissant les pôles de l’entreprise en interaction avec les usines : qualité, innovation, industrie, transformation et RH. L’objectif était d’améliorer l’outil de travail afin de proposer un cadre plus agréable à nos salariés. Cet audit nous a poussés à engager des investissements de structure importants. Les fonds dédiés ont permis de changer le mobilier des vestiaires, de refaire les réfectoires et d’améliorer la luminosité des ateliers.

Nous réalisons également des revues terrain tous les six mois, ainsi que des audits de sécurité. Par habitude ou pour gagner du temps, les collaborateurs adoptent parfois des postures pouvant causer des accidents. Exemples : sauter sur une cuve au lieu de la contourner ou supprimer une cuve, mais en conserver le support. Tout se passe bien, jusqu’au jour où quelqu’un se prendra les pieds dedans…

« Ces dispositifs répétés nous permettent de relever des anomalies devenues invisibles pour nos ouvriers, et de prendre en considération leurs attentes. C’est, également, un moyen de reposer les bases d’une sécurité renforcée sur le lieu de travail. »

Suite à ces audits, nous avons, par exemple, équipé tous nos ouvriers de systèmes de PTI (NDLR : Protection du Travailleur Isolé). Si l’un d’eux est en position couchée suite à un malaise ou un accident, une alerte est donnée et indique où se trouve la personne à secourir.

Vous mettez régulièrement en place des ateliers de prévention pour vos collaborateurs. Quels en sont les thématiques et comment les organisez-vous ?

Malakoff Humanis met à notre disposition des experts de chaque thématique abordée. Cette année, nous évoquerons les effets néfastes du bruit, une partie des TMS ainsi que le lien entre sédentarité et cancer.

Il y a deux ans, notre atelier portait sur le tabagisme. Une spécialiste en addictologie a indiqué aux collaborateurs intéressés vers qui se tourner pour bénéficier d’un accompagnement médical et psychologique adapté.

Un exemple d’accompagnement apporté par UDM à un salarié en difficulté ?

Il y a quelques années, la maison de l’un de nos salariés a brûlé. Je me suis rapidement rapproché des services sociaux de la MSA (NDLR : sécurité sociale agricole), de l’accompagnement social de sa mairie et de Malakoff Humanis afin de le mettre en contact avec les bons interlocuteurs.

C’est essentiel, mais cela ne suffit pas toujours. En parallèle, il faut souvent persuader les collaborateurs concernés qu’ils ont besoin d’aide. 70 % de nos salariés sont des hommes ouvriers. Ils ont parfois du mal à accepter cette main tendue ou ne se rendent pas compte des répercussions de ce type d’événement sur leur vie de couple.

« L’idée est de positionner l’employeur comme un facilitateur, un pourvoyeur de solutions réactif et non intrusif. »

La crise sanitaire a-t-elle élargi le champ de vos actions pour améliorer la santé au travail de vos salariés ?

Oui et non. La COVID a joué en notre défaveur dans la mesure où nous avons dû interrompre nos audits et réduire le volume de nos revues de terrain. A l’inverse, elle nous a permis de mettre en place un accord de télétravail et nous a poussés à faire preuve de créativité solidaire. Au printemps, nos agriculteurs partenaires avaient des difficultés à écouler leurs stocks suite à la fermeture des marchés locaux. Nous leur avons acheté des paniers bios que nous avons offerts à nos salariés.

« Le santé au travail est fondamental pour fidéliser et engager nos salariés. Nous constatons que le discours en interne a changé. Nos collaborateurs ont compris que nos promesses se sont transformées en actes. »

En tant qu’employeur, quels bénéfices retirez-vous de ces différentes actions ?

De manière très factuelle, l’absentéisme a baissé. En un an, nos ETP (NDLR : Equivalents Temps Plein) d’absence ont décru de 2,2 % et le nombre d’arrêts maladie a chuté de 9,5 % (malgré beaucoup d’arrêts pour garde d’enfants pendant les confinements, comptabilisés en absentéisme classique).

Qui pilote toutes les actions mises en place chez UDM ?

C’est moi, mais ces différentes actions sont le résultat d’une volonté globale. Sans l’appui de ma direction générale, rien n’aurait été possible. Les fonds investis dans l’amélioration de l’outil de travail auraient pu être dépensés ailleurs. Ce fut le cas pendant des années. Je porte et j’incarne cette volonté, mais j’avance uniquement parce que l’on me donne les moyens de faire changer les choses.

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