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Publié le 10.06.2021

12ème édition du Baromètre Santé et Qualité de Vie au Travail de Malakoff Humanis : comment les salariés ont vécu l’année 2020

Alors que le plan de déconfinement se poursuit et qu’un mouvement de retour en entreprise commence à s’amorcer, Malakoff Humanis publie la 12ème édition de son Baromètre Santé & Qualité de Vie au Travail.

Quelles ont été les tendances de 2020 en termes vie professionnelle, de management, de conditions de travail, de conciliation entre travail et vie privée ou encore de santé ? Dans le contexte si particulier de la crise du COVID-19, comment ont évolué les rapports qu’entretiennent les salariés français avec leur entreprise et leurs collègues ? C’est sur ces questions que le baromètre se propose de nous livrer un éclairage. En voici les principaux enseignements.

Isolement, santé, vie privée : les effets délétères de la crise sur les salariés

On observe sans surprise que la crise a accéléré le développement des vulnérabilités des salariés. Ainsi en 2020, la moitié d’entre eux  a connu une situation de fragilité sociale et 30% déclarent s’être sentis souvent voire très souvent isolés. Une solitude frappant particulièrement les télétravailleurs (35%) et ceux ayant connu le chômage partiel (34%) : des constats  mettant en lumière le rôle social  de la vie professionnelle.

Outre l’isolement, les restrictions sanitaires ont également eu des conséquences sur la santé physique et psychique des salariés. Côté santé mentale, on observe une baisse générale du dynamisme (64%) et une augmentation du stress chez les télétravailleurs. Ces derniers déclarent avoir de plus en plus de mal à comprendre ce que l’on attend d’eux (38%), des difficultés à gérer leurs priorités (45%) et travailler régulièrement dans l’urgence (77%). Du point de vue physique, on observe un recul général des pratiques sportives et une augmentation du nombre de travailleurs en surpoids ou obèses. Enfin, même s’il n’a pas sensiblement augmenté depuis 2019, le nombre de salariés ayant eu recours à un arrêt maladie au cours des 12 derniers mois est resté élevé (42%).

Enfin, la crise aura eu pour effet d’accroître l’empiétement du travail sur la vie privée, particulièrement pour les télétravailleurs. Ces derniers témoignent notamment d’un débordement régulier de leurs tâches hors des heures de travail et de consultations fréquentes de mails pendant leurs périodes de congés. On observe par ailleurs que 42% d’entre déclarent avoir travaillé alors qu’ils étaient malades et arrêtés par un médecin.

La crise sanitaire, un accélérateur de solidarité ?

Contrepoint de ces constats négatifs, les résultats de l’étude mettent également en avant un sentiment global d’amélioration des conditions de travail, particulièrement au niveau des relations avec entre collègues et avec la hiérarchie.

Ainsi, malgré la crise, 80% des salariés se déclarent satisfaits de leur travail, un chiffre jamais atteint depuis 2011. Globalement, l’évaluation de la qualité de vie au travail a augmenté, avec une note moyenne de 6,8/10. De plus, 80% des salariés trouvent du sens à leur travail et 85% d’entre eux ont le sentiment d’être utiles.

Ces hausses qui peuvent apparaître comme surprenantes, s’expliquent par une amélioration de la solidarité entre collègues et une plus grande compréhension des entreprises vis-à-vis de leurs salariés.

Ainsi, l’ambiance au travail s’est globalement améliorée : 88% des salariés se disent bien intégrés dans leur entreprise (contre 83%-86% sur la période 2013-2018), 83% considèrent qu’il y a une bonne entente là où ils travaillent (77%-79% sur 2011-2018) et 74% déclarent que leurs collègues les aident à mener leurs tâches à bien (68%-70% depuis 2013). Mais surtout, le soutien entre collègues à nettement progressé en 2020, avec une augmentation moyenne de 6 points.

Les salariés sont également une majorité à se déclarer reconnaissants de la mobilisation de leurs entreprises. Pour 64% d’entre eux, leur entreprise prend leur bien-être en considération et pour 77% d’entre eux la sécurité est une priorité pour leur entreprise. De plus, 44% estiment que leur entreprise se préoccupe particulièrement des situations de fragilité de ses salariés. Enfin, les rapports entre les salariés et leur hiérarchie se sont améliorés : 72% d’entre eux pensent pouvoir compter sur leurs supérieurs en cas de problème (contre 65%-68% depuis 2010) et 60% se sentent reconnus pour leur travail (contre 57%-58%).

De manière générale, on note un renforcement du lien entre les salariés et leur entreprise. Ainsi, 68% la recommandent,75% sont contents de venir y travailler et 77% sont fiers d’y travailler.

Redéfinition des frontières

Si les relations entre collègues semblent s’être solidifiées par le soutien, la prévenance et la solidarité, cela ne veut pas dire qu’elles se sont rigidifiées pour autant. Au contraire, la crise sanitaire a imposé l’émergence de rapports plus flexibles et beaucoup de salariés ont ainsi pu gagner en autonomie et en indépendance. Globalement le sentiment d’être sous contrôle ne concerne plus que 50% des salariés (contre 52% à 56% depuis 2012) et 2 salariés sur 3 jugent satisfaisant le niveau de flexibilité que leur travail leur permet.

L’autonomisation des salariés a notamment occasionné la sensation globale d’être moins souvent interrompu et d’avoir une meilleure gestion de ses priorités. De surcroît, la crise a également été pour beaucoup, l’opportunité de monter en compétences, en particulier sur les outils informatiques, avec le sentiment d’avoir été bien accompagné par les entreprises (pour 57% des salariés, 67% des télétravailleurs).

Finalement, il faut remarquer que des améliorations organisationnelles ont aussi été nettement remarquées du côté des managers : 72% d’entre eux discutent désormais de leurs objectifs avec leur hiérarchie (contre 68% en 2019) et 72% d’entre eux se sentent reconnus pour leur engagement.

 En sortie de crise, de nouveaux enjeux pour les entreprises

Alors que la situation sanitaire semble se normaliser, de nouveaux enjeux se profilent pour les salariés. Comment réintégrer l’entreprise dans de bonnes conditions, comment y retrouver ce qui leur a manqué sans perdre l’autonomie, la solidarité et le dialogue découverts et appréciés pendant cette année ? DRH et dirigeants se trouvent confrontés à une situation une fois de plus inédite : réussir à tirer les leçons d’une année extraordinaire très rapidement, afin de pouvoir amorcer la reprise dans les meilleures conditions économiques et sociales.

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